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ClearSpace : une start-up pour le nettoyage de l’espace

Mise à jour le 16 juillet 2025

L’entreprise suisse ClearSpace, fondée par Luc Piguet et Muriel Richard-Noca, révolutionne le secteur spatial. Spécialisée dans l’Active Debris Removal, cette spin-off de l’EPFL développe des technologies de capture de débris spatiaux pour sécuriser l’orbite terrestre. Sa première mission ClearSpace-1, prévue pour 2026, ciblera le satellite PROBA-1 à 660 km d’altitude, démontrant ainsi une solution viable pour la durabilité des activités spatiales.

Mission de ClearSpace-1 : comment la start-up suisse prépare sa première capture

Objectif ClearSpace-1

La première mission de la start-up suisse ClearSpace, désormais prévue pour le second semestre 2026, cible le satellite PROBA-1 de l’ESA. Ce projet pionnier, surnommé « active debris removal », vise à capturer et désorbiter ce satellite de 95 kg lancé en 2001. Financée à hauteur de 86 millions d’euros par l’Agence Spatiale Européenne, cette mission historique représente la première tentative mondiale de capture d’un objet spatial non coopératif. Comme l’explique Luc Piguet, CEO de ClearSpace : « Débarrasser cette zone de ces déchets est vital. C’est tout simplement la durabilité des activités spatiales, dont dépendent de plus en plus d’aspects de nos vies, qui est en jeu. »

Technologie de capture

Le design innovant du système de capture repose sur quatre bras robotiques déployables formant un filet conique. Cette technologie permet d’envelopper le satellite-cible avant de se refermer sur lui pour l’emprisonner solidement. Le vaisseau ClearSpace-1 sera lancé par une fusée Vega-C depuis la Guyane française et effectuera des manœuvres de rendez-vous orbital extrêmement précises. Cette mission pionnière ouvre la voie à de futurs services en orbite, notamment pour les opérateurs de constellations satellites, avec une approche durable des opérations spatiales.

Étapes de la mission Date But
Signature du contrat Novembre 2020 Lancement du projet
Phase de conception 2023-2025 Validation des technologies
Lancement Second semestre 2026 Déploiement du vaisseau
Rendez-vous orbital 2026 Capture de PROBA-1
Désorbitation 2026 Rentrée atmosphérique contrôlée

Pourquoi le space cleaning est-il essentiel pour l’avenir de l’orbite ?

Fruit de toutes les activités spatiales menées depuis 1957, les débris spatiaux se sont accumulés à un rythme alarmant. De l’écrou isolé aux étages entiers de fusées, ces déchets représentent aujourd’hui une menace croissante pour l’infrastructure spatiale dont nous dépendons quotidiennement.

Chiffres clés des débris

La situation s’est considérablement aggravée entre 2010 et 2025 :

  • 36 000 débris de plus de 10 cm (contre 22 000 en 2010)
  • 900 000 objets de plus d’un centimètre
  • 130 millions de fragments de plus d’un millimètre
  • Masse totale : environ 9 000 tonnes en orbite

Ces débris se concentrent principalement en orbite basse (entre 100 et 2 000 km d’altitude), précisément où opèrent la majorité des satellites d’observation et de télécommunications.

Risques pour l’industrie spatiale

Selon l’Agence spatiale européenne, qui a récemment tiré la sonnette d’alarme, la probabilité qu’un satellite opérationnel percute un débris de plus d’1 cm dépasse désormais 50% par année. Ces objets, circulant à 8 km par seconde, peuvent causer des dommages catastrophiques.

« Cette situation est devenue insoutenable », alerte Muriel Richard, co-fondatrice de ClearSpace. « Sans intervention rapide, certaines orbites pourraient devenir inutilisables, menaçant des services essentiels comme les prévisions météorologiques, les communications et la navigation. »

La multiplication des méga-constellations de satellites et l’absence de règles internationales strictes ne font qu’aggraver ce problème déjà critique pour l’avenir des activités spatiales.

Conception et défis techniques de la capture de débris

La technologie ClearSpace ADR (Active Debris Removal) représente un défi d’ingénierie extrême qui nécessite une précision millimétrée à chaque étape du processus. Depuis 2024, l’entreprise a considérablement affiné sa technologie, notamment avec l’achèvement réussi de la Phase 2 de sa mission CLEAR en mai 2025.

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Phase de rendez-vous

La capture d’un débris spatial implique plusieurs contraintes techniques critiques :

  • Localisation précise : Repérer un objet à ±5 km dans l’immensité spatiale
  • Approche à vitesse contrôlée : Manœuvrer à 8 km/seconde sans provoquer de rebond
  • Systèmes de détection avancés : Utilisation de lasers et capteurs optiques haute définition
  • Alignement parfait : Positionner le mécanisme de capture face à une cible potentiellement en rotation

Le système actuel de ClearSpace utilise un mécanisme à quatre bras plutôt qu’un filet conique comme initialement prévu, une évolution technique importante depuis 2024.

Sécurité et conception (design)

Dans l’environnement spatial, la philosophie ClearSpace ADR repose sur un principe fondamental : pas de joker en orbite. Chaque composant doit fonctionner parfaitement du premier coup.

Paramètres critiques Tolérances
Précision de rendez-vous < 10 cm
Vitesse d’approche finale < 5 cm/s
Résistance structurelle 4x forces prévues
Autonomie décisionnelle 98% sans intervention

La mission ClearSpace-1, désormais programmée pour 2026, ciblera le satellite PROBA-1 de l’ESA plutôt que SwissCube. Cette évolution démontre la capacité d’adaptation de l’entreprise face aux défis techniques et à l’évolution de la situation des débris spatiaux.

ESA & ClearSpace : une collaboration stratégique pour l’ADR

L’Agence spatiale européenne (ESA) et ClearSpace ont franchi une étape majeure dans la lutte contre les débris spatiaux en signant un contrat de 86 millions d’euros pour la première mission de nettoyage spatial au monde. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du projet ADRIOS (Active Debris Removal/In-Orbit Servicing), qui vise à développer les technologies essentielles pour l’élimination active de débris (ADR). Contrairement au plan initial ciblant SwissCube, la mission ClearSpace-1 se concentrera désormais sur la récupération du satellite PROBA-1, lancé en 2001 et pesant 95 kg.

Le contrat ADRIOS

Le contrat ADRIOS représente une approche novatrice pour l’ESA, qui achète un service complet plutôt que de développer un vaisseau spatial en interne. Ce programme ambitieux mobilise un consortium industriel européen où les rôles ont évolué récemment. Si ClearSpace était initialement à la tête du projet, c’est désormais l’entreprise allemande OHB SE qui dirige les opérations système et l’intégration du satellite. Arianespace a également rejoint l’aventure en s’engageant à lancer la mission avec une fusée Vega-C depuis le Centre spatial guyanais. ClearSpace reste néanmoins un partenaire clé, apportant son expertise dans les technologies de capture.

Calendrier jusqu’en 2026

Période Étape
2020 Signature du contrat initial (86M€)
2023 Validation de la phase préliminaire de conception
2024 Changement de cible (PROBA-1 au lieu de VESPA)
2024-2025 Approvisionnement des composants et intégration
Mi-2026 Début des tests finaux
Fin 2026 Lancement depuis la Guyane française

Cette mission pionnière démontrera la capacité technique à capturer un objet non coopératif en orbite, ouvrant la voie à un nouveau secteur commercial dédié à la durabilité spatiale. Pour plus de détails, consultez la fiche mission ESA.

ClearSpace en bourse : financement, levées de fonds et partenaires

ClearSpace, la start-up suisse spécialisée dans le nettoyage spatial, a considérablement renforcé sa position financière ces dernières années. En janvier 2023, l’entreprise a clôturé un tour de financement de série A de 26,7 millions d’euros, une étape cruciale pour accélérer ses opérations en prévision de sa mission ClearSpace-1, prévue pour 2026. Cette levée de fonds témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs pour le secteur de la durabilité spatiale.

Investisseurs clés

L’entreprise peut compter sur un consortium international d’investisseurs de premier plan. Le tour de table a été dirigé par OTB Ventures avec le soutien du Fonds européen d’investissement, et inclut Swisscom Ventures, le Luxembourg Future Fund, Lakestar, et plusieurs autres fonds spécialisés. ClearSpace bénéficie également d’un contrat majeur de 86 millions d’euros avec l’ESA pour sa première mission d’enlèvement de débris spatiaux.

Microsoft a également reconnu le potentiel de ClearSpace en l’intégrant dans son programme « Global Social Entrepreneurship », offrant à la start-up un soutien technologique précieux pour développer ses solutions innovantes.

Perspectives commerciales

Le marché des services en orbite représente une opportunité considérable, avec une valeur estimée à 5,9 milliards de dollars d’ici 2032 et un taux de croissance annuel de 11,1%. ClearSpace se positionne stratégiquement sur ce marché émergent, notamment grâce à son partenariat récent avec Orbit Fab annoncé en janvier 2024, visant à créer un service de ravitaillement en orbite.

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Cette alliance permettra de prolonger la durée de vie des satellites vieillissants, un problème majeur dans l’industrie spatiale actuelle. Avec plus de 3 000 satellites hors d’usage en orbite terrestre, ClearSpace développe un modèle économique prometteur pour les startups greentech qui changent le monde, transformant une problématique environnementale en opportunité d’entreprise.

Travailler chez ClearSpace emploi : opportunités et talents recherchés

ClearSpace, la startup issue de l’EPFL, poursuit sa croissance et recherche activement des talents pour développer ses services en orbite innovants. Avec sa mission de nettoyage spatial qui prend de l’ampleur, l’entreprise offre un environnement de travail unique pour les passionnés de technologies spatiales.

Profils recherchés

L’entreprise recrute principalement des ingénieurs spécialisés dans l’aérospatiale, la robotique et l’intelligence artificielle. Les compétences en mécanique orbitale et en opérations spatiales sont particulièrement valorisées. ClearSpace propose également un programme de stages en partenariat avec l’EPFL, permettant aux étudiants de contribuer à des projets concrets comme la mission ClearSpace-1 prévue pour 2026.

Culture d’entreprise

La culture de ClearSpace repose sur l’innovation et la diversité des talents. L’entreprise encourage la collaboration internationale, comme en témoigne son consortium impliquant huit pays européens. L’esprit de startup y est préservé, avec une forte responsabilisation des équipes et un engagement commun pour la durabilité des activités spatiales. Les équipes travaillent dans un environnement dynamique où chaque membre peut avoir un impact significatif sur l’avenir de la technologie spatiale.

Space cleaning : impact environnemental et sociétal

Risques des débris

La prolifération des débris spatiaux représente une menace croissante pour l’ensemble des activités orbitales. Avec une vitesse moyenne de 8 km/s, même un fragment de quelques centimètres peut détruire complètement un satellite opérationnel. Le développement des méga-constellations comme Starlink ou OneWeb, comptant des milliers d’unités, accentue considérablement ce risque. Une étude récente estime à 10% la probabilité qu’une personne soit victime d’un débris spatial dans la prochaine décennie. Cette situation met en péril non seulement nos infrastructures spatiales, mais aussi notre capacité à utiliser l’espace de manière durable.

Bénéfices pour l’économie spatiale

Le space cleaning apporte des avantages économiques tangibles pour l’industrie spatiale. En réduisant les risques de collision, il permet d’augmenter la durée de vie des satellites et de diminuer les coûts d’assurance des missions. Cette approche soutient la durabilité des activités spatiales dont dépendent de nombreux secteurs comme l’observation terrestre, la gestion environnementale et la climatologie. Les technologies développées pour le nettoyage spatial stimulent également l’innovation dans d’autres domaines. Les startups greentech contribuent activement à cette évolution en concevant des solutions qui réduisent l’empreinte environnementale des activités spatiales tout en préservant cet environnement pour les générations futures.

FAQ sur ClearSpace

Quel est le rôle de ClearSpace dans l’élimination des débris spatiaux ?

ClearSpace est une startup pionnière dans le domaine de l’élimination active des débris spatiaux. Issue du Centre spatial de l’EPFL, elle développe des technologies de capture permettant de récupérer et désorbiter les objets non fonctionnels en orbite terrestre. Sa mission principale est de rendre les activités spatiales durables en nettoyant l’environnement orbital qui compte aujourd’hui plus de 3 000 satellites hors d’usage et des millions de débris plus petits circulant à des vitesses vertigineuses.

ClearSpace a-t-elle réalisé la première capture d’un satellite non contrôlé ?

La mission ClearSpace-1, initialement prévue pour 2024, a été reprogrammée pour le second semestre 2026. Ce sera la première mission au monde d’élimination active de débris spatiaux. Initialement destinée à capturer l’adaptateur VESPA (d’une taille comparable à une machine à laver), la cible a été changée en avril 2024 pour le satellite PROBA-1 de l’ESA. Le vaisseau ClearSpace-1 sera lancé par une fusée Vega-C depuis la Guyane française pour cette mission historique.

ClearSpace est-elle gratuite pour les étudiants ?

ClearSpace n’offre pas de services gratuits spécifiquement pour les étudiants. La société est une entreprise commerciale développant des technologies de pointe pour l’industrie spatiale. Cependant, l’entreprise a des racines universitaires fortes, étant née d’un projet étudiant à l’EPFL. ClearSpace propose des services professionnels d’élimination de débris et de maintenance en orbite destinés principalement aux agences spatiales et aux opérateurs de satellites commerciaux.

À quoi sert l’application ClearSpace ?

Attention à ne pas confondre : l’application mobile nommée « ClearSpace » n’est pas liée à la startup spatiale suisse. Cette application homonyme est un outil de gestion du temps d’écran qui aide les utilisateurs à lutter contre l’addiction au smartphone en bloquant les applications distrayantes comme les réseaux sociaux. La startup spatiale ClearSpace se concentre exclusivement sur les technologies de nettoyage orbital et n’a pas développé d’application grand public pour ses services.

Hélène Baron