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GreenTech

ClearSpace : une start-up pour le nettoyage de l’espace

La société ClearSpace vient d’être créée. Cette société, issue du projet CleanSpace One, a pour but de développer et de commercialiser les technologies développées au Centre spatial de l’EPFL. Celles-ci permettent de récupérer et de détruire les débris accumulés autour de la Terre au cours de 60 ans d’activités spatiales.

Voilà des années qu’ils y travaillent. Les ingénieurs de l’EPFL Space Center passent maintenant la vitesse supérieure. Des technologies de capture de débris spatiaux qu’ils ont patiemment mises au point est née une start-up. Baptisée ClearSpace, elle reprend et poursuit le projet CleanSpace One, initié en 2012 et qui prévoit la conception d’un satellite «nettoyeur de l’espace».

ClearSpace : En quoi consiste sa mission ?

La première mission de la start-up ClearSpace, agendée pour 2024, sera un test : aller chercher et détruire SwissCube, le nanosatellite réalisé par des étudiants de l’EPFL et de différentes écoles spécialisées, lancé le 23 septembre 2009. Par la suite, la jeune pousse compte développer un système viable et économique permettant la désorbitation de satellites hors d’usage, estimés à ce jour à quelque 3’000, et encore dans l’espace immédiat de la Terre.

«Débarrasser cette zone de ces déchets est vital, explique Luc Piguet, CEO de ClearSpace. C’est tout simplement la durabilité des activités spatiales, dont dépendent de plus en plus d’aspects de nos vies, qui est en jeu.»

Les ingénieurs de ClearSpace imaginent maintenant le lancement d’une plateforme contenant plusieurs unités, à l’image de drones qui seraient ensuite relâchés dans l’espace pour accomplir leurs missions. La technologie mise quant à elle sur le déploiement, depuis le corps du drone, d’un filet conique destiné à «avaler» sa proie avant de se rétracter sur elle pour l’emprisonner.

Pourquoi la startup cherche-t-elle à capturer les débris spatiaux ?

Fruit de toutes les activités spatiales menées depuis 1957, date de lancement du tout premier satellite, les débris spatiaux se sont accumulés au fil du temps. Ils vont aujourd’hui du simple écrou ou éclat de peinture à des étages entiers de fusées, en passant par des satellites de la taille d’un bus.

Ils sont particulièrement nombreux dans l’orbite basse de la Terre, située entre la limite de l’atmosphère – à environ 100 km – et 2’000 km au-dessus de la surface terrestre. A ce jour, quelque 22’000 débris de plus de 10 cm ont été identifiés et sont suivis par radar.

C’est sans compter tous les objets de taille inférieure: environ 900’000 de plus d’un centimètre et une centaine de millions de plus d’un millimètre. Des déchets qui circulent à une vitesse de l’ordre de 8 km par seconde et présentent donc un danger de plus en plus marqué pour les engins et astronautes en opération.

Capturer les débris spatiaux : un véritable défi pour la start-up

Mais capturer un débris est une tâche bien plus ardue qu’il n’y paraît. C’est en fait, de bout en bout, une question d’extrême précision. Déjà, il faut le trouver. Pour ce qui est de SwissCube par exemple, on sait où il est … à plus ou moins cinq kilomètres. Des outils de détection et d’identification d’une grande fiabilité, tels que des lasers, sont donc nécessaires.

Ensuite, le rendez-vous est délicat : il s’agit d’approcher l’objet sans risquer de le toucher avant de l’avoir agrippé. Cela le ferait rebondir et rapidement s’éloigner. Or, cela se passe tout en se déplaçant à des vitesses vertigineuses. Enfin, il faut attraper sa proie fermement, afin d’être sûr de pouvoir l’entraîner jusque dans l’atmosphère, où elle sera consumée.

Surtout, une fois le drone lâché dans l’espace pour sa mission, pas de joker, ni de moyen de corriger le tir ou de faire des réparations. Dans leurs calculs et prévisions, les ingénieurs n’ont donc pas droit à la moindre erreur.

 

 

Crédit: Article adapté d’une publication originale sur le site de l’EPFL, les textes, les images et les vidéos sont sous licence CC BY-SA 4.0