Mise à jour le 16 juillet 2025
Transformer la biomasse végétale en alternative durable aux dérivés du pétrole : la technologie révolutionnaire de Bloom Biorenewables, spin-off de l’EPFL basée à Fribourg, permet désormais de produire des bioplastiques, cosmétiques et parfums à partir de carbone renouvelable. Après plusieurs levées de fonds réussies entre 2023 et 2025, l’entreprise cofondée par Rémy Buser et Florent Héroguel franchit aujourd’hui une étape décisive avec l’ouverture de sa première usine d’industrialisation en Suisse.
L’enjeu est colossal. Plastiques, textiles, smartphones, arômes, médicaments… les dérivés du pétrole nous entourent.
Bloom Biorenewables : mission, équipe et localisation
Une start-up fribourgeoise issue de l’EPFL
Née en 2019 comme spin-off de l’EPFL, Bloom Biorenewables s’est installée au Marly Innovation Center dans le canton de Fribourg, avec des laboratoires de R&D additionnels à Renens. Cette jeune entreprise, qui compte aujourd’hui plus de 35 collaborateurs, a su attirer l’attention des investisseurs spécialisés dans les solutions durables et innovantes. Son positionnement stratégique dans l’écosystème fribourgeois lui permet de bénéficier du dynamisme local en matière de capital risque, notamment via Capital Risque Fribourg SA, un acteur majeur qui soutient activement les entreprises innovantes du canton dans le domaine de la bioéconomie.
Objectif : remplacer les combustibles fossiles par du carbone renouvelable
« Notre vision est de permettre une utilisation efficace des ressources et de promouvoir la transition verte », explique Rémy Buser, cofondateur et CEO de Bloom Biorenewables. Avec son associé Florent Héroguel, ils travaillent quotidiennement à développer et commercialiser leur technologie révolutionnaire issue des laboratoires de l’EPFL.
La start-up propose un carbone renouvelable à base de biomasse pour remplacer les dérivés du pétrole dans de multiples applications : plastiques d’emballage, parfums, cosmétiques, textiles et biocarburant marin. Leur procédé innovant permet d’extraire efficacement les composants précieux de la biomasse (bois, maïs, paille) pour créer une véritable alternative aux combustibles fossiles.
Les 3,9 millions d’euros levés représentent une étape clé vers l’industrialisation. Ce financement, piloté par Breakthrough Energy Ventures-Europe (BEV-E), un fonds européen orchestré par Bill Gates, témoigne de la confiance des investisseurs internationaux dans le potentiel de Bloom à révolutionner l’industrie des matériaux. En 2023, l’entreprise a d’ailleurs lancé une nouvelle levée de fonds de 10 millions d’euros pour construire une usine en Suisse, prévue opérationnelle dès 2025.
Comment la technologie Bloom extrait lignine et hémicellulose
Fraction de cellulose et autres biopolymères
La lignine et l’hémicellulose sont des polymères naturels essentiels qui constituent environ 30-40% de la biomasse végétale. Ces composants, présents dans la paroi cellulaire des plantes, représentent une ressource précieuse encore largement sous-exploitée. La technologie développée par Bloom Biorenewables se distingue par sa capacité à extraire ces biopolymères sans les dégrader, un défi technique majeur jusqu’à présent. La lignine possède une densité énergétique supérieure de 30% à celle de la cellulose, ce qui en fait un candidat idéal pour remplacer les dérivés pétroliers.
Alors que l’industrie traditionnelle se concentre principalement sur la valorisation de la cellulose (environ 40% du poids total), Bloom adopte une approche radicalement différente en plaçant la lignine au centre de son procédé. Cette stratégie permet d’augmenter le taux de valorisation de la biomasse de 40% à près de 80%, maximisant ainsi l’utilisation des ressources végétales.
Procédé breveté : extraction sans dégradation
Le procédé d’extraction développé dans les laboratoires de l’EPFL sous la direction du Professeur Jeremy Luterbacher constitue une véritable percée technologique. Contrairement aux méthodes conventionnelles qui altèrent la structure de la lignine pendant l’extraction, la technologie Bloom utilise une combinaison innovante de solvants et de catalyseurs qui préserve l’intégrité des polymères.
Ce procédé breveté permet d’extraire la lignine sans la dégrader, résolvant ainsi la « pierre d’achoppement » qui limitait jusqu’alors son utilisation industrielle. La méthode combine une approche chimique douce et des conditions de traitement optimisées pour éviter la condensation et la fragmentation des molécules de lignine, garantissant ainsi des rendements élevés et une qualité constante.
| Étape | Rendement | Application typique |
|---|---|---|
| Extraction primaire | 95% | Bioplastiques, emballages |
| Purification | 97% | Parfums, arômes |
| Fonctionnalisation | 80% | Cosmétiques, additifs |
De la biomasse au carbone renouvelable
La transformation de la biomasse en produits à forte valeur ajoutée s’inscrit parfaitement dans une logique d’économie circulaire. Contrairement au pétrole, qui libère du carbone enfoui depuis des millions d’années, le carbone issu de la biomasse s’insère dans le cycle naturel de la surface terrestre, évitant ainsi le déséquilibre responsable de l’effet de serre.
Les applications sont nombreuses et variées : l’hémicellulose peut être transformée en différents types de bioplastiques pour remplacer le polypropylène dans les emballages, tandis que la lignine sert de matière première pour la production de parfums, d’arômes et de cosmétiques grâce à la « chimie verte ». Cette approche permet d’éliminer l’usage de substances néfastes pour l’environnement tout en offrant des performances comparables aux produits conventionnels.
Le Plan d’action sur l’économie circulaire de l’UE, visant la neutralité climatique à l’horizon 2050, encourage précisément ce type d’innovation en imposant des emballages durables et en renforçant la responsabilité des producteurs, comme le souligne l’étude Interface Focus sur les biorenewables.
Quels sont les avantages de cette technologie : bénéfices pour le climat et l’économie
Réduire les émissions liées aux combustibles fossiles
« La technologie que nous développons permet de fabriquer des produits durables et circulaires », note Florent Héroguel. L’avantage principal de ce carbone « vert » est de s’insérer parfaitement dans le cycle naturel qui se produit à la surface de la Terre. Cette approche évite le déséquilibre créé par l’extraction du carbone fossile enfoui depuis des dizaines de millions d’années, responsable en grande partie de l’effet de serre.
Selon les dernières études, la production de plastiques conventionnels génère environ 3,5 kg de CO₂ pour chaque kilo de plastique fabriqué à partir de pétrole. Les bioplastiques développés par Bloom Biorenewables permettent de réduire considérablement cette empreinte carbone, tout en offrant des performances comparables aux matériaux traditionnels.
Boucler la boucle : matériaux circulaires et systèmes biorenouvelables
Alors que des substituts au pétrole émergent comme carburant, aucune source rentable de carbone non fossile ne le remplace pour l’instant dans les matériaux. La technologie de Bloom s’inscrit parfaitement dans l’économie circulaire en valorisant des ressources biologiques renouvelables pour produire des matériaux et des produits chimiques.
Le processus d’extraction développé par la start-up est particulièrement novateur car il permet d’extraire sans altération les composants précieux de la biomasse que sont la lignine et l’hémicellulose. Cette innovation majeure ouvre un large potentiel d’applications dans divers secteurs :
- Emballages biosourcés remplaçant le polypropylène
- Parfums et arômes issus de la « chimie verte »
- Textiles alternatifs aux fibres synthétiques
Comparatif d’empreinte carbone
| Type de matériau | Émissions CO₂/kg | Biodégradabilité | Recyclabilité |
|---|---|---|---|
| Polypropylène conventionnel | 3,5 kg CO₂/kg | Non | Partielle (90-96%) |
| Bioplastique Bloom | 0,8 kg CO₂/kg | Oui | Complète |
| Parfums d’origine fossile | 4,2 kg CO₂/kg | Non | Non applicable |
| Parfums biosourcés Bloom | 1,1 kg CO₂/kg | Oui | Non applicable |
Actuellement, seule la cellulose, qui constitue environ 40% du poids total de la biomasse, est valorisée sous forme de fibres pour le papier ou raffinée en bioéthanol. Le reste est généralement brûlé ou jeté. La technologie de Bloom Biorenewables, reconnue par la fiche Solar Impulse, permet une utilisation beaucoup plus complète, atteignant près de 75% de cette ressource. Cette solution durable transforme ainsi des déchets agroforestiers en produits à haute valeur ajoutée, tout en contribuant à la décarbonation de l’industrie.
Applications industrielles : bioplastiques, solvants et polymères biorenouvelables
La technologie développée par Bloom Biorenewables ouvre la voie à de multiples applications industrielles qui transforment radicalement notre façon de produire et consommer. En exploitant la biomasse de manière optimale, cette start-up suisse propose des alternatives durables et performantes aux dérivés pétroliers dans des secteurs variés.
Bioplastiques : remplacer le polypropylène
Les bioplastiques développés par Bloom Biorenewables à partir d’hémicellulose représentent une alternative concrète au polypropylène conventionnel issu du pétrole. Ces matériaux innovants offrent des propriétés mécaniques comparables tout en s’inscrivant dans une logique circulaire.
Alors que la production mondiale de bioplastiques ne représente actuellement qu’environ 1% des volumes de polymères produits annuellement, le potentiel de croissance est immense. L’entreprise se distingue notamment par sa capacité à extraire jusqu’à 75% de matière utilisable d’une tonne de biomasse, maximisant ainsi l’efficacité de la ressource.
Solvants biorenouvelables pour la chimie verte
La chimie verte nécessite des solvants alternatifs aux produits pétroliers traditionnels. Bloom Biorenewables développe des solvants issus de la biomasse qui répondent parfaitement à cette exigence. Ces solutions permettent de réduire considérablement l’empreinte carbone des processus chimiques tout en limitant les risques pour la santé et l’environnement.
Les solvants biorenouvelables s’inscrivent dans une démarche globale de décarbonation de l’industrie chimique. Ils constituent une réponse pertinente aux préoccupations croissantes concernant la toxicité des solvants conventionnels, utilisés à hauteur de 28 millions de tonnes chaque année dans le monde.
Polymères biorenouvelables haute performance
Les polymères développés par Bloom Biorenewables ne se contentent pas d’être écologiques, ils visent également l’excellence en termes de performances techniques. La lignine, composant structurel des végétaux, permet de créer des polymères haute performance capables de résister à des conditions extrêmes.
Ces matériaux trouvent des applications dans des secteurs exigeants comme l’automobile, l’électronique ou l’aérospatiale, où la durabilité et la résistance sont primordiales. En transformant notamment des coquilles de noix en composés à forte valeur ajoutée, Bloom Biorenewables démontre que les déchets végétaux peuvent devenir des ressources précieuses.
Matières premières biorenouvelables et filières locales
L’approche de Bloom Biorenewables favorise le développement de filières locales d’approvisionnement en matières premières végétales. Cette stratégie permet non seulement de réduire l’empreinte carbone liée au transport, mais aussi de créer de nouvelles opportunités économiques pour les agriculteurs et sylviculteurs.
Une tonne de matières végétales valorisées correspond à environ 1,8 tonne de CO₂ stockées pendant la durée de vie du produit. Ce carbone « vert » s’insère naturellement dans le cycle biologique, contrairement au carbone fossile extrait des profondeurs terrestres qui déséquilibre le climat.
| Secteur | Avantage | État du marché |
|---|---|---|
| Emballage | Biodégradabilité, réduction déchets | En forte croissance |
| Cosmétique | Naturalité, absence de toxicité | Marché mature |
| Textile | Alternative au polyester | Développement rapide |
| Carburant marine | Réduction émissions GES | Phase pilote |
| Parfumerie | Molécules de vanilline biosourcées | Commercialisation en cours |
Financement, prix et partenaires de Bloom
La jeune pousse Bloom Biorenewables continue d’attirer l’attention des investisseurs et des experts du secteur, consolidant sa position comme l’une des startups greentech qui changent le monde. Son approche innovante pour remplacer le pétrole par des alternatives durables à base de biomasse lui a permis de sécuriser des financements significatifs et de recevoir plusieurs distinctions prestigieuses.
Tours de table 2023-2025 : Anaïs Ventures et Valquest Partners
En mars 2023, Bloom Biorenewables a lancé une levée de fonds de 10 millions d’euros pour construire une usine en Suisse, avec l’objectif de la rendre opérationnelle dès 2025. Cette ambition s’est concrétisée début 2024 avec un tour de financement Series A de 13 millions de francs suisses (environ 12,5 millions d’euros), co-dirigé par deux fonds d’investissement majeurs : Anaïs Ventures et Valquest Partners.
Ce tour de table a également attiré d’autres investisseurs de renom comme Breakthrough Energy Ventures-Europe, le fonds initié par Bill Gates, ainsi que Btomorrow Ventures et Amcor Ventures. Ces investissements stratégiques témoignent de la confiance grandissante dans la technologie développée par Bloom, qui permet d’extraire efficacement la lignine et l’hémicellulose de la biomasse pour créer des alternatives durables aux produits dérivés du pétrole.
Lombard Odier Investment Managers et Swiss Technology Award
La crédibilité de Bloom Biorenewables s’est également renforcée grâce à la participation de Lombard Odier Investment Managers dans son tour de financement. Ce gestionnaire d’actifs suisse renommé, reconnu pour son engagement envers les investissements durables, a vu dans la technologie de Bloom une opportunité d’accélérer la transition vers une économie circulaire.
Sur le plan des distinctions, Bloom a été finaliste du Swiss Technology Award 2020 dans la catégorie Inventeurs, une reconnaissance importante pour cette spin-off de l’EPFL. Plus récemment, l’entreprise a participé à la 13ème édition de la Startup Champions Seed Night en avril 2024, un événement majeur de l’écosystème suisse des startups qui a attiré plus de 900 participants à l’EPFL de Lausanne. Ces reconnaissances confirment le potentiel disruptif de Bloom dans le domaine des startups greentech qui changent le monde.
Biorenewables Development Centre : un partenaire clé de l’écosystème
Le Biorenewables Development Centre (BDC), basé au Royaume-Uni, s’impose comme un acteur incontournable dans l’écosystème des matériaux biosourcés. Cet organisme spécialisé joue un rôle de pont stratégique entre l’innovation régionale et les engagements nationaux en matière de neutralité carbone. En collaboration avec des entreprises comme Bloom Biorenewables, le BDC contribue à transformer la recherche fondamentale en applications commerciales viables, accélérant ainsi la transition vers une économie circulaire.
Rôle du centre dans la R&D européenne
Le BDC se distingue par son approche collaborative en matière de recherche et développement à l’échelle européenne. Composé de scientifiques et spécialistes en bioéconomie, il offre une expertise technique précieuse pour résoudre les défis liés aux processus de transformation de la biomasse. Le centre participe activement aux programmes de financement européens comme Eureka, permettant aux startups innovantes d’accéder à des ressources et partenariats transnationaux. Cette dimension européenne renforce la position du Royaume-Uni comme l’un des leaders dans le développement de systèmes biorenouvelables, malgré les changements post-Brexit dans les réglementations sur les énergies renouvelables.
Synergies avec les entreprises biorenouvelables émergentes
Les collaborations entre le BDC et les entreprises biorenouvelables créent un écosystème d’innovation particulièrement dynamique. Le centre soutient des projets comme celui de Sun Bear Biofuture, qui révolutionne l’industrie des huiles et graisses avec des alternatives végétales durables. Cette approche écosystémique favorise le partage des risques et accélère le développement de nouveaux produits biosourcés. Le Yorkshire, qui concentre près de 40% de la production britannique de chanvre et de lin, bénéficie particulièrement de ces synergies pour commercialiser des produits à base de fibres naturelles. Ces partenariats public-privé s’inscrivent dans le programme BioYorkshire, qui vise à créer des emplois tout en développant des solutions durables face aux défis environnementaux du Royaume-Uni.
FAQ sur Bloom Biorenewables et le secteur biorenouvelable
Qu’est-ce que Bloom Biorenewables ?
Bloom Biorenewables est une spin-off de l’EPFL fondée en 2019, pionnière dans l’extraction et la décomposition sélective de la lignine et de l’hémicellulose issues de la biomasse végétale. L’entreprise développe des alternatives durables aux dérivés du pétrole pour la fabrication de bioplastiques, textiles, parfums et autres produits chimiques.
Qui est le PDG de Bloom Biorenewables SA ?
Rémy Buser est le PDG et cofondateur de Bloom Biorenewables SA. Ingénieur de formation, il dirige l’entreprise avec Florent Héroguel, son associé et directeur des opérations (COO). Ensemble, ils ont développé cette technologie révolutionnaire issue des laboratoires de l’EPFL pour remplacer le pétrole par du carbone renouvelable.
Où se situe le siège de Bloom (localisation) ?
Le siège de Bloom Biorenewables est établi dans le canton de Fribourg, en Suisse, où l’entreprise bénéficie de l’accès aux infrastructures de la haute école d’ingénierie locale. Ses laboratoires de R&D sont situés à Renens (Rue de Lausanne 64, CH-1020), près de Lausanne, où sont également réalisées les livraisons importantes.
Quelles sont les principales matières premières biorenouvelables ?
Les principales matières premières biorenouvelables utilisées par Bloom comprennent le bois, la paille, le maïs et divers déchets agroforestiers comme les coquilles de noix. Ces biomasses végétales contiennent naturellement de la lignine, de l’hémicellulose et de la cellulose, qui peuvent être transformées en alternatives durables aux produits dérivés du pétrole.
Comment la production biorenouvelable réduit-elle les émissions ?
La production biorenouvelable réduit les émissions en s’insérant dans un cycle carbone naturel à la surface de la Terre, contrairement au pétrole qui libère du carbone enfoui depuis des millions d’années. Selon la technologie de Bloom, cette approche permet d’économiser jusqu’à 30% des émissions de CO2 tout en valorisant près de 75% de la biomasse, traditionnellement sous-exploitée.
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